Centre Historique de la Résistance en Drôme et de la Déportation (Vercors)
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Livron, le sabotage du pont, un succès méritoire de la Résistance

Nuit du 16 au 17 août 1944

Le 15 août 1944, les troupes franco-américaines débarquent sur les côtes de Provence malgré l'opposition de la XIXe armée allemande.

Le 15 août, à 16 heures 30, le capitaine Henri Faure (" Gérard ", " Albert ") chef de la SAP reçoit un message du commandant De Lassus Saint-Geniès (" Legrand ") chef des FFI de la Drôme : "Faites sauter le pont de Livron, rendez compte de l'opération".

Le matin du 16, Henri Faure vérifie l'armement disponible. Il effectue une reconnaissance le soir, vers 19 heures. Tous les véhicules allemands présents pendant la journée autour du pont ont disparu. Il ne reste plus qu'un cantonnement d'hommes de la batterie de Flak. Des convois d'artillerie remontent vers le nord vers 21 heures.

Henri Faure maintient l'opération. Il fixe le rassemblement du groupe à la ferme Brunel, située 3 km en amont du pont. Le groupe est au complet à 22 heures. Les consignes de sécurité sont précisées.

Le départ est donné à 22 heures 30, les hommes approchent du pont en suivant la voie ferrée Livron -Veynes, Paris-Briançon., ligne ne fonctionnant plus à cause des sabotages. Un groupe de protection est placé au nord du pont. Il est composé de Monnier, Valette, Jean Boyer, Maurice Brunet, Léon Brunel, Pierre Chastel et Mathon. Son armement est constitué d'un fusil-mitrailleur, de mitraillettes, de grenades et de Gammons.

Le reste des hommes franchit le pont, courbé, protégé par le parapet en pierre. Le groupe de protection sud se divise en deux, un près de la ferme Courty à 100 mètres du pont avec Baulac, Bertalin Raymond, Planet Camille, l'autre près du pont, au bord oriental de la route avec Charles Comer, Jean Boulange, Max Lafont, René Achard et Philippe Vitali.

Une fois les protections mises en place, les mineurs opèrent en deux groupes. Commence la phase la plus délicate, creuser à l'aide de barres à mine deux puits de mine à 6 mètres d'intervalle. Afin d'éviter d'être découverts, les sapeurs espacent leurs coups, écoutent, protègent leur barre par des chiffons.

Un arrêt du forage est provoqué par l'arrivée de véhicules allemands qui s'arrêtent au campement. Le travail reprend. Après avoir creusé la croûte de la route, on approfondit la cavité avec les mains qui rencontrent du sable. Les trous étant jugés suffisamment profonds, trois cellules de plastic sont placées dans chacun d'eux, un crayon allumeur, une mèche lente. Tout est relié par deux cordons détonants. Après vérification, le groupe de protection éloignée sud rejoint le groupe nord.

Le repli s'effectue sans problème. Henri Faure et un compagnon allument alors les mèches. Le groupe se replie par la route départementale 93. Quelques minutes après, 180 kg de plastic explosent, détruisant l'arche sud du pont sur 27 mètres, longueur que ne pourront réparer les sapeurs du Génie allemand qui ne disposent pas de travées assez longues.

La destruction du pont routier de Livron a eu plusieurs conséquences. Connue très rapidement par les Américains, ils n'ont pas monté une opération aérienne pour tenter de détruire ce pont et toucher également la ville de Livron. Sur le plan militaire, la destruction a fortement ralenti la retraite allemande, sans l'arrêter toutefois, comme il est parfois dit.

Alain Coustaury


ZOOM - Pont sur la Drôme à Livron

Le pont sur la Drôme à Livron Vue générale des abords du pont que la Résistance fit sauter dans la nuit du 16 au 17 août 1944. Le sud est à droite, la Drôme coule de la gauche vers la droite, de l'est vers l'ouest.


ZOOM - Sabotage du pont routier de la route nationale 7 Sabotage du pont routier de la route nationale 7 dans la nuit du 16 au 17 août 1944 Le trait jaune continu indique la progression du groupe Henri Faure, le trait discontinu l'itinéraire de la retraite. Les cercles bleus positionnent les groupes de protection : à l'entrée de Livron, en protection rapprochée sud, en protection éloignée sud. L'étoile indique le lieu de l'explosion qui fit s'effondrer 27 mètres de tablier. La photo a été prise en juillet 2006. Elle montre parfaitement ce qu'est la rivière Drôme : un cours d'eau méditerranéen au régime fantasque. En août 1944, le débit était semblable avant l'orage qui interrompit, momentanément, la traversée à gué du matériel allemand.


ZOOM -  Carte Le confluent de la Drôme et du Rhône



Carte : Le confluent de la Drôme et du Rhône


ZOOM -  Carte : Sabotage du pont de Livron



Carte : Sabotage du pont de Livron 1944


ZOOM - Faure Henri, chef de la SAP





Faure Henri, chef de la SAP
Responsable de l'équipe qui a fait sauter le pont de Livron.


ZOOM - Survivants du commando Henri Faure
Survivants du commando Henri Faure devant le monument à Allex Août 2004, devant le monument, de gauche à droite, Maurice Brunet, Max Laffont (décédé depuis), Pierre Chabanne (habitait la ferme où était stocké le matériel), madame Faure, femme de Henri Faure, René Ladet (ne faisait pas partie du commando, décédé en 2005), Pierre Bellac.


ZOOM - Survivants de la destruction du pont de Livron


Trois survivants de la destruction du pont de Livron 7 août 2005. Commémoration au mémorial de "Temple" à Allex ; de gauche à droite : Maurice Brunet, Camille Planet, Pierre Chabanne.


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