Centre Historique de la Résistance en Drôme et de la Déportation (Vercors)
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Vie quotidienne des maquisards

Pour les chefs, nourrir leurs hommes est un leitmotiv dans leurs rapports ou leurs témoignages.

Si certains arrivent au maquis avec quelques provisions données par leur famille avant leur départ, vite partagées, la plupart des maquisards ont recours aux réquisitions. Pour l'eau potable, les fermes possèdent des puits. Sinon les maquisards sont de corvée pour aller la chercher à une source ou une rivière.

Le logement semble ne pas avoir fait défaut, même s'il n'était pas de qualité : les fermes abandonnées avaient quelquefois leur toit qui laissait passer la pluie, et manquaient de chauffage en hiver.

Pour ce qui est des vêtements, les chaussures revêtent une importance cruciale. Dans la région romanaise, les réquisitions auprès des usines de fabrication permettront à certaines compagnies FFI de pallier à ce problème.

Le froid d'hiver, les mauvaises conditions d'hygiène des maquisards, les rendent plus sensibles aux maladies, même si les témoignages en parlent peu. Les soins se font en fonction du moment et du lieu où se déclare l'infection. Dans une zone contrôlée par la Résistance, après le 6 juin 1944, ils sont évidemment plus faciles à délivrer.

Nous disposons des rapports quotidiens de la compagnie "Daniel" (Piron) à partir du 6 juin 1944. L'après-midi de ce jour là, il met en place les postes de garde, fait procéder à la distribution des armes, à leur nettoyage, à la vérification de leur fonctionnement, à l'installation du couchage. Le lendemain, départ des corvées de ravitaillement, instructions pour les consignes d'alerte, rassemblement avec armes à 16 h pour revue passée par le chef, le 8 juin, exercice de lancement de grenades.

Un régime de permissions est établi dans la compagnie Brentrup.

Tours de garde, instruction à l'armement, voire à l'ordre serré, organisation du courrier, régime de permissions, et même, pour certains maquis, prise d'armes et, quelquefois, défilé, montrent le souci de recréer une structure militaire qui s'avère nécessaire. Tout cela peut paraître une vie de caserne banale si on oublie le contexte dans lequel on se trouve.

C'est-à-dire la présence de l'ennemi, de ses supplétifs français, des dénonciateurs, les fuites précipitées en cas d'alerte, même fausse, les engagements où la peur et la mort sont présentes. Cependant il y a des instants de détente, surtout au moment des veillées.

Cela, et beaucoup d'autres rituels, les risques courus en commun, forge la cohésion d'un maquis.

Évidemment tout n'est pas idéal, si la cohésion du groupe est renforcée par la vie quotidienne comme par la participation aux combats, cela n'empêche nullement les frictions.


Patrick Martin


ZOOM - La ferme de la Lance : Scène du repas autour de la  grande table

La ferme de la Lance :
Scène du repas autour de la  grande table.


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